Net Gay-Bi-Trans Baromètre #17

Principaux enjeux de la mouture 2017 du NET GAY BAROMÈTRE
Succédant aux précédentes moutures du Net Gay Baromètre (2003, 2006, 2009, 2013), le sondage 2017 aborde de nouveaux sujets permettant plus d’inclusion et de compréhension de la diversité des populations constituées par les HSH (hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes) ainsi que par les personnes transgenres.

Alors que l’enquête 2013 avait mis l’accent sur la mesure du sentiment de multiples discriminations, la refonte 2017 s’enrichit de deux nouveaux objets de recherche . Au-delà d’ajustements de quelques sections, voici les nouveaux thèmes étudiés : 1) la prévention combinée/diversifiée intégrant son approche biomédicale 2) l’inclusion des personnes trans à tous les niveaux de l’étude, en plus d’une section « Santé » questionnant leur parcours de transition. Cette section reprend un certain nombre de sujets abordés par l’enquête « TRANS ET SANTÉ SEXUELLE » de l’INSERM, dirigée par Alain Giami, avec lequel nous avons mis en place un partenariat de recherche.

Le design du sondage ainsi que sa programmation ont été légèrement retouchés pour cibler les personnes trans et les jeunes HSH. Cela a également pour but de mieux distinguer les thématiques qui s’organisent en chacune d’elles. Le questionnaire sera publicisé sur l’ensemble des sites de rencontres gay partenaires, sur Facebook et auprès des utilisateurs de l’application mobile Hornet.

Rappelons que le Net Gay Baromètre est une occasion privilégiée pour chacun d’explorer et de rapporter ses expériences, en particulier sur le développement ou le maintien de relations sociales, affectives ou sexuelles avec des partenaires rencontrés en ligne ou hors ligne dans les 12 derniers mois. L’organisation des questions permet d’aborder la complexité des configurations relationnelles et d’éventuelles prises de risques sexuels associées : relation de couple, aventures sexuelles avec des partenaires occasionnels masculins ou féminins, clients et travailleurs du sexe, etc.
Les problèmes de santé rencontrés durant les 12 derniers mois, ainsi que leur intensité, sont questionnés par catégories : santé physique, mentale, relationnelle, sexuelle, sentiment de dépendance, etc. Le sentiment de discriminations ou d’attitudes négatives est questionné au regard d’un certain nombre d’objets : l’orientation sexuelle (homophobie, biphobie), l’identité de genre (transphobie), l’attitude, l’ethnicité (racisme), le statut sérologique (sérophobie), l’image corporelle, le vieillissement, etc. De plus, les espaces où ces sentiments se manifestent sont aussi évalués: école, travail, société en général, etc., en plus de s’intéresser au « milieu homosexuel », rarement questionné sous l’enjeu des discriminations. L’intersection de multiples objets ou espaces des discriminations pourrait concerner certains groupes de répondants particulièrement exposés et fragiles (par exemple : HSH d’origine étrangère, travailleurs du sexe, HSH séropositifs, personnes transgenres etc.) et permettre de mieux comprendre leur parcours.

Ces principaux changements ont été validés en 2017 après 1) concertation avec l’équipe de recherche de MOBILISE ! (UQÀM, Québec), 2) consultation de l’association AIDES (France), 3) amorçage d’un projet de partenariat scientifique sur cette étude avec une équipe de l’INSERM.
1. L’impact des applications mobiles est abordé avec plus de détails dans la section correspondant à l’usage des réseaux, mais aussi dans celle qui porte sur les rencontres sexuelles occasionnelles en lien ou non avec des comportements sexuels à risque
2. L’inclusion des personnes transgenres au sein des répondants permettra d’en faire un portait qualifiant et d’évaluer leur parcours de transition, leurs problématiques spécifiques ainsi que leurs besoins en santé
3. L’étude a été élargie pour atteindre les hommes ayant un parcours moins homocentré, par exemple en couple avec une femme et pouvant avoir des aventures tierces avec d’autres hommes gay, bisexuels ou des personnes trans.
4. L’amélioration de la section « Consommation de substances » s’appuie sur la création de nouvelles échelles permettant de mesurer la polyconsommation et aborde plus de détails la dépendance au « Chem'sexe » ainsi que les modes d’administration des substances, dont celle de l’injection
5. La section « Travail du sexe » a été revue pour y inclure les travailleuses transgenres et aborder l’impact de la pénalisation/criminalisation des clients en France et au Canada. Des contacts ont été pris, en France, avec les associations « médecins du Monde » et « Strass » ainsi qu’avec l’association REZO au Québec.
5. La réduction des risques sexuels avec les partenaires occasionnels est désormais abordée à la fin du questionnaire et s’adosse aux questionnements du projet MOBILISE !, auquel nous participons. Les questions portent sur la Prévention combinée (diversifiée) et ses enjeux biomédicaux, en particulier au regard de la Prophylaxie Préexposition (connaissance, présupposés, usage sauvage ou encadré, acceptabilité, accessibilité, disponibilité, voie d’entrée dans le protocole, observance, etc.), du TASP (Traitement comme Prévention [HSH porteur du VIH]), sans oublier l’appropriation des AUTOTESTS (en France) et des TRODS effectués dans le milieu communautaire (permanences de dépistage rapide du VIH/sida).
7. Concernant les personnes porteuses du VIH, une section concernant l’allègement thérapeutique est proposée.